El Bulli, ce n'est pas un restaurant comme les autres. Ici, vous ne venez pas manger. Vous ne venez pas parce que vous avez faim. Vous venez pour vivre un moment, des émotions, des sensations. Tout se présente comme un spectacle, un show et, bien entendu, nous sommes les spectateurs, les serveurs les acteurs, la direction se fait depuis la cuisine. Le réalisateur, c'est Adria Ferran. Et il maîtrise !
C'est donc naturellement que Madame et moi prenons place sur la banquette, côte à côte. Etrange d’être assis dans cette salle et d’avoir nos yeux rivés sur les tables et les assiettes de nos voisins. Derrière nous, des cadres avec des photos de bulldogs. El Bulli, bulldog, je saisis enfin l'origine du nom du restaurant. Je n'avais pas capté avant.
Ici, pas de carte. On découvre au fur et à mesure. On nous impose notre repas dégustation. Notre menu nous sera donné à la fin du repas uniquement.
A la demande d’Anne, voici la seule et unique photo de cette série « à table à El Bulli » où vous pourrez profiter de nos magnifiques minois, à Madame et à moi-même. Profitez, Madame va me faire censurer vite fait bien fait, je le sens venir ! Mais revenons à nos assiettes, ce sont elles les stars.
A boire tavernier !
Notre serveur arrive. Un apéritif d'accueil va nous être servi. C’est présenté dans un français de qualité, sans pour autant être nickel. On s’en fou ? Pas du tout. Car quand il revient avec une table roulante et qu’il nous annonce une caïpirinha nitro, on s’étonne un peu. Et il y a de quoi. Kézao au fait ? Facile ! Un peu de cachaça, un jus de citron vert, on mélange, on rajoute un peu d’hydrogène liquide d'azote liquide (environ -190° - Merci Estelle qui m'a sauvé la vie !), et hop il y a de la vapeur de tout les côté ! On mélange avec un fouet. Nous, on matte pendant ce temps. Et hop ! Un sorbet alcoolisé ! Spectaculaire. Plus fort, une cuillère de concentré d’estragon prépare notre bouche à accueillir cet apéritif, préparé devant nos yeux ébahis. Notre bouche est enveloppée. Notre caïpirinha est divine. C’est certain, on ne s’est pas trompé d’adresse.
Amuses bouches
Il s’en suit des olives sphériques. Magnifiques, divines. Tellement indescriptible. Des petites boules blanches qui trempent dans de l’huile. Étrange en bouche. Mais lorsque vous croquez, c’est l’arôme d’un panier d’olive verte qui explose dans votre bouche. Le noyau en moins. Puis vint le pop-corn au fromage, que je suppose être réalisé simplement d’un grain de maïs enrobé de fromage et qui à l’explosion se déforme. Très bon, mais moins original. Les choses les plus bizarres arrivent ensuite. Ici, en photo, de la peau de sole frite. Une peau par personne. Rien ne se perd. Pas mauvais au final, ça vaut des bonnes chips de pomme-de-terre maison ! Pour autant, n’imaginez pas qu’il suffit juste de récupérer de la peau de poisson et de la jeter dans une friteuse. La forme est plus ou moins travaillée. La graisse ne reste pas sur les doigts.
Allez, un petit dernier pour la route, ces gâteaux électriques. Ils ne portent pas leur nom pour rien. Croquez, mâchez, avalez, attendez. Madame Damdam et moi-même nous sommes regardés les yeux gros et ronds comme des boules de billard : On reçoit des flux de décharges électriques. Un verre d’eau changera tout ça nous prévient-on. Mais non, c’est trop fun ! On ne veut pas perdre cette sensation tout de suite ! Il faudra bien.
Hips !
Le sommelier vient nous voir. Pas facile de choisir un vin sans connaître le menu. Sur ses conseils, nous partons sur un vin blanc. Un argentin. Bon choix. À noter que la carte des vins est magnifiques, sans être exorbitante. Comptez de 40 à xxxx euros, ou xxxx est totalement indécent. Tant qu’à être là, on se fait un plaisir avec des bonnes bouteilles, on va pas se gâcher la soirée en se prenant un vin pas à la hauteur.
Vous savez quoi ? A suivre...